Le système-monde : des espaces interdépendants

géographie systeme monde
Serge NDOUR

Serge NDOUR

MR Serge Ndour est Professeur d'HG au lycée de Ndangalma et enseignant vacataire au département d'histoire de l'ucad. Doctorant en Égyptologie a l'Ucad, Il est titulaire du Diplôme D'Etudes Approfondies en Égyptologie et Antiquités Africaines. Il est titulaire du CAES (Certificat d'aptitude a l'E Enseignement Secondaire.)

Géographie

Terminales

Objectifs Spécifiques

OS 1 : Appréhender le nouveau système monde.
OS 2 : Analyser le concept de mondialisation.

INTRODUCTION

Les dernières décennies du XXe siècle marquent une nouvelle étape dans l’histoire géopolitique et économique du monde. L’échec des expériences communistes en Europe de l’Est, la fin de la guerre froide et, avec elle, l’obsolescence de la notion de Tiers-monde consacrent le triomphe total du capitalisme. Cette victoire transforme profondément la géographie économique et politique du monde. La trilogie « pays capitaliste – pays communistes – Tiers monde » cède la place à une simple dualité : d’une part, les pays développés, d’autre part, les pays sous-développés. Le système monde s’en trouve transformé. Il est de plus en plus marqué par une multipolarité et une interdépendance des nations plus connu sous le nom de mondialisation. Celle-ci bien que présentant des atouts, se manifeste quelque fois comme un tourbillon pour de nombreux pays.

1. Le nouveau système-monde

Un système est un ensemble d’éléments bien organisés et interconnectés. Le nouveau système-monde s’est constitué au début des années 1990 à la faveur de la fin de la guerre froide. Il est dominé et organisé par trois pôles majeurs appelés la triade : l’Amérique du Nord, l’Union Européenne et le Japon. Ainsi on parle d’un monde multipolaire ou polycentrique avec un centre dominant et des périphéries multiples par opposition au monde bipolaire de la période 1947-1990 ou du monde unipolaire britannique de la période d’avant 1914.

       A – Le centre dominant ou la triade

Ce sont principalement les pays développés. Ils concentrent l’essentiel des richesses économiques, les pouvoirs de décision et de commandement ainsi que la suprématie diplomatique. Ils représentent près de 20%  de l’humanité mais produisent près de 80% des richesses du monde et contrôlaient en 2010 près de 139 multinationales sur les 500 premières. Ces pays développés occupent les premiers rangs de l’IDH et fournissent l’essentiel des IDE et réalisent, entre eux, l’essentiel des échanges économiques du monde.

       B – Les périphéries multiples et diverses

Par opposition aux trois pôles du centre ou triade, les périphéries se caractérisent par un niveau de vie nettement plus faible, une autonomie de décision et une production très limitées ainsi que la fourniture de main d’œuvre et de matières premières au centre dominant. Elles sont aussi caractérisées par leur important poids démographique et leur faible insertion dans l’économie mondiale. On y retrouve :

    • des périphéries associées participant aux activités du centre par les investissements reçus, les flux d’échange et leur développement. C’est le cas de Singapour, du Brésil, du Mexique, de l’Australie du sud et de la Chine littorale ;
    • des périphéries exploitées qui entrent plus ou moins dans le circuit économique à cause de leurs ressources (pays Arabes avec le pétrole) ou de leur main d’œuvre (Asie du Sud Est avec une main d’œuvre qualifiée et bon marché) ;
    • Les périphéries marginalisées: elles sont dominées et peu intégrées au commerce mondial. Aussi, souffrent-elles d’importants retards économiques (PMA, Amérique Centrale, Asie Centrale…).

       C – Le modèle centre-périphéries

Le fonctionnement de l’économie mondiale est marqué par une double inégalité : celles des richesses et des pouvoirs. Ces inégalités opposent les pays riches ou développés  qui dirigent la mondialisation à leur profit aux pays sous-développés ou pauvres. Le centre et les périphéries sont liés par des flux divers et en progression. Ce sont des flux humains, financiers, d’informations, de marchandises, de matières premières…

2 – De l’interdépendance des nations ou mondialisation

La mondialisation se caractérise par une internationalisation de l’économie notée depuis le milieu du XIXe siècle. Cette internationalisation des économies se traduit par un essor considérable du commerce mondial avec l’expansion des multinationales et des flux financiers. Elle a permis la réduction des coûts, l’augmentation de la productivité et a offert aux consommateurs une amplitude de choix jamais atteinte. La croissance qui en a résulté a permis une hausse sensible  du nouveau de vie dans le monde. Cette interdépendance n’a été possible que grâce à l’informatique qui est la véritable arme de la mondialisation. Les notions d’espace et de temps sont redéfinies. Le monde se présente désormais comme un village planétaire.

Toutefois, cette interdépendance a apporté des préjudices à certains pays et populations. La protestation populaire qu’elle engendre (alter mondialiste) repose sur l’idée qu’elle entraîne des inégalités plus criantes, des risques environnementaux accrus et une régression des normes de protection civile.

En effet, aujourd’hui il est devenu clair que cette mondialisation est le principal vecteur du modèle néolibéral qui prône le désengagement de l’État du développement économique au profit des forces du marché. Or dans les pays pauvres on a besoin d’un État fort qui régule le marché et qui assure les dépenses sociales. Déréglementer dans ces types d’États serait les condamner dans la pauvreté dans la mesure où la plupart des multinationales qui y sont présentes sont étrangères et donc transfèrent les dividendes dans leurs patries. Ainsi des milliards d’individus sont marginalisés et exclus des bienfaits de la mondialisation ce qui explique les mouvements de populations des pays du sud vers les pays du nord.

L’interdépendance est également à l’origine de l’instabilité du système économique mondial fragilisé par les spéculations boursières, les fluctuations dans les échanges et le poids des dettes.  Elle est enfin porteuse d’une certaine uniformisation de la pensée  et de la culture mais au profit de la civilisation occidentale dominante ; d’où la récurrence de certaines revendications identitaires.

CONCLUSION

Le nouveau système-monde, caractérisé par la mondialisation ultralibérale, handicape certaines parties du monde sur le plan économique, social et culturel. Il est avantageux pour une minorité et désastreuse pour une majorité. Toutefois, la mondialisation n’a pas amené que du mauvais. Elle a favorisé le progrès mondial de la démocratie et le recul des dictatures, l’essor de l’initiative individuelle et la créativité ainsi que le développement des échanges par dans le monde.

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